Quelles perspectives de rendement pour les fonds en euros ?

"La performance des fonds en euros en 2022 a été meilleure qu'attendue. Certes, le portefeuille sous-jacent des assureurs a été impacté par la hausse des taux longs et la baisse de la bourse et de l'immobilier. Mais les rendements payés aux investisseurs sont restés en ligne avec les fonds monétaires." (crédit photo : Adobe Stock)

“La performance des fonds en euros en 2022 a été meilleure qu’attendue. Certes, le portefeuille sous-jacent des assureurs a été impacté par la hausse des taux longs et la baisse de la bourse et de l’immobilier. Mais les rendements payés aux investisseurs sont restés en ligne avec les fonds monétaires.” (crédit photo : Adobe Stock)

L’année 2023 sera sans doute une année charnière pour les fonds en euros. Pour la première fois, le rendement des fonds en euro pourrait être inférieur à celui des fonds monétaires et autres placements sans risque. Comment anticiper le rendement des fonds en Euro, tel est le but de cette étude.

Comment analyser la performance des fonds en euros ?

La performance des fonds en euros en 2022 a été meilleure qu’attendue. Certes, le portefeuille sous-jacent des assureurs a été impacté par la hausse des taux longs et la baisse de la bourse et de l’immobilier. Mais les rendements payés aux investisseurs sont restés en ligne avec les fonds monétaires.

La raison de ce paradoxe tient à la « magie » des provisions d’assurance vie. Les assureurs ont pioché dans leurs réserves accumulées durant la baisse des taux. Ceci est rendu possible par le code des assurances. Il permet aux assureurs de ne pas payer toute la performance du portefeuille sous-jacent en les comptabilisant en tant que provisions. C’est la base du mécanisme des fonds en euro. Il linéarise des performances par nature non linéaires d’un portefeuille complexe.

Ce recours aux provisions est limité par nature aux plus-values passées accumulées sur les portefeuilles grâce à la baisse des taux et le hausse des actions et de l’immobilier. L’assureur se met ensuite en risque sur ses fonds propres s’il ne conserve pas un matelas de sécurité suffisant pour encaisser la perte potentielle de son portefeuille d’investissement sous-jacent. Or les fonds propres des assureurs sont limités par rapport à la taille gigantesque des fonds en euro (autour de 1.300 milliards d’euros soit plus de 30% du PNB Français).